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Dossier de location trop lourd : comment passer sous les 8 Mo

9 min de lecture

Quinze photos prises au téléphone pèsent 45 Mo. La messagerie de l'agence en accepte 8. Voici pourquoi, et comment descendre sans rendre vos documents illisibles.

Pourquoi 8 Mo, alors que Gmail en accepte 25

La limite qui compte n'est pas celle de votre messagerie, mais celle de la sienne. Gmail accepte 25 Mo à l'envoi, et beaucoup de candidats en concluent qu'ils ont de la marge. Les boîtes professionnelles des agences sont configurées bien plus bas : 10 Mo est courant, 8 Mo fréquent, et l'administrateur qui a choisi ce plafond il y a six ans n'a aucune raison de le remonter pour vous.

Il y a un second effet, celui que presque personne ne connaît : une pièce jointe ne voyage pas telle quelle. Elle est réencodée en base64 pour transiter par SMTP, ce qui la gonfle d'environ un tiers. Un PDF de 7,5 Mo pèse donc près de 10 Mo dans le message réellement transmis. Viser 8 Mo, ce n'est pas viser la limite : c'est se garder la marge que l'encodage va manger.

Le pire scénario n'est pas le message d'erreur. C'est le silence : certains serveurs acceptent le mail, le mettent en quarantaine à cause de son poids, et ne préviennent personne. Vous attendez une réponse à une candidature qui n'est jamais arrivée.

Limite 8 Mo15 photosbrutes47 Mo — bloqué par la messagerieMême dossiercompressé7,4 Mo
Un dossier photographié au téléphone dépasse la limite d'un facteur cinq à six. Le passage sous le seuil ne se joue pas à quelques mégaoctets près.

D'où viennent les 40 Mo

Un dossier complet, c'est entre douze et vingt pièces : identité, justificatif de domicile, trois bulletins de salaire, contrat de travail, avis d'imposition, puis la même série pour le garant. Photographiées avec un téléphone récent, chacune pèse 2 à 4 Mo. Le calcul est vite fait.

Trois habitudes aggravent mécaniquement le total :

  • Photographier au lieu de scanner. Un capteur de 48 mégapixels enregistre le grain du papier, les ombres et la texture de la table. Toute cette information inutile est stockée au même prix que le texte.
  • Scanner trop finement. Les scanners d'imprimante domestique proposent souvent 600 dpi par défaut. C'est une résolution d'archivage photographique, quatre fois plus lourde que nécessaire pour lire un bulletin de salaire à l'écran.
  • Garder la couleur partout. Un document noir sur blanc scanné en couleurs 24 bits pèse trois fois le même document en niveaux de gris, sans qu'on distingue la moindre différence à l'écran.

Ce qui pèse dans un PDF, et ce qui ne pèse rien

Un PDF n'est pas une image : c'est un conteneur. Le texte, les polices et la mise en page occupent quelques dizaines de kilooctets — une misère. Tout le poids vient des images intégrées, et de deux paramètres seulement : leur résolution en points par pouce et leur taux de compression JPEG.

Cette distinction a une conséquence pratique importante. Un PDF « natif » — un avis d'imposition téléchargé sur impots.gouv.fr, un bulletin de paie exporté depuis un portail RH — pèse presque rien et n'a rien à gagner à être compressé. Il ne faut surtout pas y toucher : le recompresser le transformerait en image et détruirait la possibilité de rechercher son contenu. Ne travaillez que sur les pièces photographiées ou scannées.

Compresser sans rendre illisible : la règle des 200 dpi

Le seul repère qui vaille : un document administratif destiné à être lu à l'écran est parfaitement net à 150 à 200 dpi. Les administrations qui exigent une résolution minimale demandent généralement 200 dpi. Au-delà de 300, vous stockez du grain de papier.

Ramener une pièce de 600 à 200 dpi divise son poids par environ neuf, sans qu'un lecteur humain voie la différence. C'est là que se gagne l'essentiel, avant même de toucher à la qualité JPEG.

Sur macOS : attention au filtre « Réduire la taille »

Aperçu propose un filtre Quartz nommé « Reduce File Size ». Il fonctionne, mais il est réglé beaucoup trop agressivement : il descend souvent sous 100 dpi et rend les petits caractères — les mentions d'un bulletin de salaire, un numéro fiscal — illisibles. Un dossier illisible est refusé aussi sûrement qu'un dossier trop lourd. Si vous l'utilisez, ouvrez systématiquement le résultat et zoomez sur la ligne la plus petite avant d'envoyer.

Sur Windows : rien d'intégré, et c'est le problème

Windows n'embarque aucun compresseur de PDF. « Imprimer en PDF » ne réduit rien, et l'application Photos ne travaille que sur des images isolées. La voie propre consiste à redimensionner chaque photo avant de l'insérer dans le PDF — ce qui suppose de savoir à quelle taille en pixels correspondent 200 dpi sur une feuille A4 (environ 1 654 × 2 339 pixels). Faisable, fastidieux, et à recommencer pour chacune des vingt pièces.

En ligne de commande : la méthode locale et fiable

Si Ghostscript est installé, une seule commande traite un PDF entier sans que le fichier quitte votre machine :

gs -sDEVICE=pdfwrite -dPDFSETTINGS=/ebook -dNOPAUSE -dBATCH \
   -sOutputFile=dossier-compresse.pdf dossier.pdf

Le profil /ebook vise 150 dpi. Utilisez /printer pour rester à 300 dpi si le résultat vous paraît trop dégradé. C'est la méthode la plus sûre du point de vue de la confidentialité, mais elle ne trie rien, ne renomme rien et n'ajoute aucun filigrane.

Les compresseurs en ligne : faites le calcul avant

Taper « compresser PDF » dans un moteur de recherche donne une vingtaine de services gratuits. Techniquement, la plupart font correctement le travail. La question n'est pas technique.

Ce que vous téléversez, ce n'est pas un document quelconque : c'est votre carte d'identité, votre adresse, votre salaire et votre numéro fiscal, réunis dans un fichier unique. Avant de cliquer, trois questions valent d'être posées : combien de temps le fichier reste-t-il sur leurs serveurs, dans quel pays sont-ils situés, et que dit exactement leur politique de confidentialité sur la réutilisation ? Beaucoup de ces services conservent les fichiers plusieurs heures, certains plusieurs jours, et l'hébergement hors Union européenne est courant.

Ce n'est pas un argument pour ne rien faire — c'est un argument pour regarder qui traite vos pièces. Le sujet est développé dans notre article sur la protection des documents d'un dossier de location, et notre propre traitement est décrit dans la politique de confidentialité.

Quatre fausses bonnes idées

  • Mettre le PDF dans un ZIP. Les images d'un PDF sont déjà compressées : le ZIP gagne quelques pour cent, pas davantage. En prime, de nombreuses passerelles de messagerie professionnelle bloquent purement et simplement les archives.
  • Passer par WeTransfer ou un lien de partage. Vous déplacez le travail chez le destinataire, qui doit cliquer, attendre, télécharger. Les filtres d'entreprise coupent souvent ces liens, et surtout ils expirent : un dossier ressorti de la pile trois semaines plus tard pointe vers une page morte.
  • Envoyer en plusieurs mails. Le dossier arrive éclaté, dans le désordre, et il suffit qu'un message se perde pour qu'il soit considéré comme incomplet. Personne, à l'autre bout, ne reconstituera vos pièces.
  • Baisser la qualité JPEG au maximum. En dessous de 60 %, les artefacts de compression attaquent les contours des caractères. Réduire la résolution est presque toujours plus efficace, et bien moins destructeur, que d'écraser la qualité.

La checklist avant d'envoyer

  1. Un seul fichier PDF, jamais une série de pièces jointes.
  2. Sous 8 Mo, marge d'encodage comprise.
  3. Les pages dans l'ordre attendu : identité, domicile, situation professionnelle, ressources, puis le garant dans le même ordre.
  4. Toutes les pages dans le bon sens, aucune à l'envers.
  5. Chaque ligne la plus petite reste lisible à 100 % de zoom — vérifiée, pas supposée.
  6. Les pièces datées ont moins de trois mois, y compris celles du garant.
  7. Un nom de fichier qui vous identifie : dossier-location-nom-prenom.pdf.
  8. Un filigrane mentionnant le destinataire et la date, si vous envoyez à plusieurs agences.

Les points 1 à 5 concernent la forme, et ce sont eux qui décident si votre dossier est seulement ouvert. Les motifs de refus qui viennent ensuite sont détaillés dans les 9 raisons fréquentes d'un dossier refusé.

Faire les huit points en une fois

Chacune de ces étapes est faisable à la main. Prises ensemble, sur vingt pièces, elles représentent une soirée — et il faut recommencer à chaque nouvelle agence si vous voulez un filigrane nominatif.

DossierMinute déroule la liste automatiquement : identification de chaque document, renommage, remise en ordre, redressement des pages, page de garde récapitulative, filigrane sur chaque page, puis compression sous 8 Mo. Les fichiers sont traités en mémoire vive, jamais écrits sur disque, et la session est détruite trente minutes après votre passage. Les détails de fonctionnement sont dans la FAQ, et la liste des pièces attendues selon votre profil sur les pages étudiant, indépendant et sans garant.

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